Meilleure actrice dans un drame pour Fernanda Torres aux Golden Globes 2025 / Meilleur scénario à la Mostra de Venise 2024 / 3 nominations aux Oscars 2025
Magnifiquement interprétée par Fernanda Torres, déjà récompensée dans de nombreux festivals, Eunice Paiva se lance dans une lutte militante tenance contre l’injustice causée par la politique autoritaire au Brésil
Quand son mari est enlevé par la dictature militaire dans le Rio des années 1970, Eunice Paiva est une mère de famille éloignée de la politique. Je suis toujours là raconte sa métamorphose en une femme déterminée qui va mener un combat acharné contre le régime militaire.
Avec ce nouveau film, le réalisateur brésilien Walter Salles (Central do Brasil, Carnets de voyage) signe son grand retour, douze ans après son dernier long métrage. Initiateur d’un renouvellement cinématographique au Brésil à la fin des années 1990, Salles est une figure culturelle importante en Amérique du Sud. En réalisant ce film, il prouve encore sa volonté de retracer l’histoire de son pays pour qu’elle ne tombe pas dans l’oubli. Cette fois, c’est à travers le personnage d’Eunice Paiva qu’il accomplit cette tâche de mémoire.
Grande dame de la résistance anti-dictature, Eunice Paiva a connu un destin familial tragique. Le 20 janvier 1971, son mari, Rubens Paiva, est arrêté et torturé par la milice brésilienne. Depuis ce jour, ni le corps de son mari ni ceux des 432 autres victimes de la Cinquième République totalitaire n’ont été retrouvés. À 42 ans, Eunice Paiva, mère de cinq enfants, se retrouve seule avec une plaie béante impossible à guérir. Courageusement, elle prend la décision d’étudier le droit et devient une avocate reconnue, spécialisée dans la défense des droits de l’homme. La fin de vie de cette femme fut marquée par la maladie d’Alzheimer, ce qui poussa son fils Marcelo à écrire un livre sur la vie exceptionnelle de sa mère avant qu’il ne soit trop tard.
Walter Salles rend hommage à cette héroïne du passé pour interpeller le Brésil sur son présent, marqué par la montée de l’extrême droite. Malheureusement, les enjeux des années 1970 sont loin d’être dépassés, résonnant encore aujourd’hui.
ELIOTT SMEETS, les Grignoux